Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


La pédagogie du microcrédit à l’algérienne

Publié par The Algerian Speaker sur 9 Avril 2011, 23:20pm

Catégories : #Les chroniques de Mustapha Hammouche

Le prix de la sardine, comme chacun le sait, a connu une augmentation brutale qui a correspondu à sa raréfaction dans les ports du centre du pays. Tout a été dit sur les raisons de cette inflation : les variations de courant, le renchérissement du matériel de pêche, etc. Mais un étrange bruit courait autour des ports : c’est la faute au “riba”, à l’intérêt…
Comme le secteur a une idéologie, celle qui sait associer l’affairisme aux signes de piété, on peut se douter de l’origine du diagnostic. Soltani avait carrément suggéré qu’on efface ces crédits, comme on a fait pour l’agriculture. L’alliance s’est partagé les secteurs d’activité mais ses membres rivalisent dans la course au favoritisme sectoriel et tous les prétextes sont bons pour maximiser les niveaux respectifs d’accès à la rente.
Ce qui semblait n’être qu’une rumeur, et qui exprime la pieuse hostilité des bénéficiaires des crédits pour acquisition de bateaux et d’équipements au paiement de l’intérêt et apparemment du principal, est finalement parvenu jusqu’au sommet de l’État !
Et voici comment l’État y répond, par la voix du Premier ministre : “Nous avons constaté qu’une bonne partie de la population n’adhère pas aux crédits avec intérêts. Nous voulons alors encourager le crédit rémunéré, mais sans intérêts.” Peut-être que la demande ne provient pas de l’unique milieu des “nouveaux convertis” à la pêche au lamparo.
Qu’importe ce qu’est un “crédit rémunéré mais sans intérêts”, ce qui est sûr, c’est une question de doctrine et d’argent. Gageons qu’il y est plus question d’argent que de doctrine.
Ouyahia appelle cela, en parlant des cascades de revalorisations salariales et indemnitaires consenties par l’État, “agir comme une mère, impuissante devant ses enfants”. Une mère qui reconnaît les siens !
Parce que quand il s’agit de réprimer ceux qu’il faut réprimer, on ne remarque chez “la mère” aucune impuissance à jouer de la matraque. Mais là ce ne sont peut-être pas les mêmes enfants, des espèces de poussins noirs.
En fait, cette concession dans la concession vient illustrer l’échec autant du développement que de l’emploi par la formule nationale du microcrédit et du crédit à la PME.
Le pouvoir a fait de sa prodigalité un argument de légitimité, plus qu’une stratégie de résolution des problèmes économiques et sociaux. Et le message est parvenu jusque dans les chaumières les plus isolées.
Voici ce que répondait un petit entrepreneur à un cadre de wilaya qui lui reprochait d’avoir signé trop de conventions à des candidats au prêt pour l’acquisition de véhicules de transport : “Le pouvoir badine ; je badine. Je ne vais pas refuser un “papier” à mes voisins de village et me les mettre à dos au moment où vous vous faites conciliants à tout prix.” Puis il ajouta : “Quand ils acquerront leurs camions, ils ne viendront pas me demander du travail ; ils viendront me proposer de me les vendre !”
La politique de lutte contre le chômage fait du crédit lui-même un moyen d’enrichissement. Le travail en devient subsidiaire, comme on l’observe dans la pêche. Perçu comme un prêt de l’État et non comme une avance contraignante de la banque, sans relation avec la notion de vocation, le crédit est un pactole.
“La mère impuissante devant ses enfants” les gâte, mais, si elle en enrichit certains, elle ne met pas grand monde au travail.

M. H.

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